Par Vel Moonien

L’annulation, samedi, d’un vol charter d’Air Seychelles à destination de Maurice s’expliquerait par la crainte de Port-Louis de voir des manifestants à l’aéroport de Plaisance. La décision a été prise par le Département de l’aviation civile, lequel tombe sous l’ombrelle du Bureau du Premier ministre. L’organisateur du vol parle de « calculs diplomatiques », notamment après l’absence de la délégation mauricienne lors du discours de Benyamin Netanyahou à la tribune des Nations unies.
Loin d’être discrète, cette décision met Maurice en première ligne sur la scène médiatique israélienne et internationale. L’appareil d’Air Seychelles censé quitter Tel-Aviv pour Plaisance, après une escale à Mahé, a vu son atterrissage être refusé sans aucun justificatif.
De sources proches de l’hôtel du gouvernement à Port-Louis et à la State House, à Victoria, on indique que le gouvernement mauricien n’a pas voulu se trouver face à une manifestation d’envergure lorsque plus de 300 Israéliens allaient débarquer à Plaisance.
Nombreux sont les Mauriciens qui, en effet, dénoncent le génocide commis par l’armée israélienne, dans la bande de Gaza en réaction aux actes terroristes du Hamas d’octobre 2023. Depuis, 74 000 Palestiniens, dont 20 000 enfants, ont été tués.
1,9 million de personnes ont été déplacées après un bombardement systématique où logements, écoles et hôpitaux ont été complètement rasés.
Le gouvernement de Benjaymin Netanyahu, en campagne pour sa réélection le mois prochain, poursuit les tueries, bloque l’aide humanitaire et détourne l’accès à l’eau potable.
Le boycott de Maurice fait les choux gras de la presse israélienne, qui reconnaît le risque qu’il ne se multiplie à l’échelle mondiale, surtout après les mesures prises par plusieurs pays européens pour restreindre le commerce lié aux colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.


