Par Vel Moonien

Après les violences de mardi soir, marquées par le pillage de commerces et des attaques visant notamment un tribunal et des postes de police, malgré le couvre-feu imposé dans 15 régions, le gouvernement s’apprête à revoir son dispositif. Après avoir ajouté deux localités à la liste des zones concernées, il envisage désormais de modifier la législation afin de pouvoir étendre le couvre-feu à l’ensemble du territoire.
L’article 13(4) de la Police Act encadre actuellement cette mesure, qui ne peut être imposée que dans une localité spécifique. Pour permettre aux autorités d’agir à l’échelle nationale, le gouvernement prévoit donc d’amender la loi. Ce projet devrait être examiné par le Conseil des ministres ce vendredi.
Dès ce soir, le couvre-feu pourrait également débuter à 21 h 30 au lieu de 20 h 30 et rester en vigueur jusqu’à un retour à la normale. Les boîtes de nuit et les débits de boisson situés dans les régions qui ne sont pas actuellement concernées pourraient, eux aussi, être contraints à baisser leurs rideaux.
Une telle mesure risque toutefois d’accentuer le mécontentement des gérants, déjà pénalisés dans leurs activités. Au-delà de ses conséquences économiques, le dispositif soulève également des interrogations sur le rôle des forces de l’ordre. Dans la soirée de mercredi et de jeudi, des citoyens sont descendus dans certaines des localités sous couvre-feu pour prévenir de nouveaux débordements, alors que le maintien de l’ordre relève avant tout de la responsabilité de la police.


