Esclavage sous l’ère britannique: les noms de 4 millions d’esclaves désormais accessibles dont ceux qui sont venus à Maurice sont enregistrés

Par Emmanuel Edoo

Près de quatre millions de documents sur des esclaves dans vingt anciennes colonies britanniques sont désormais accessibles en ligne….

Maurice est notamment cité dans ces archives, couvrant la période allant de 1813 à 1840. Noms, âges, liens familiaux, naissances, décès et transferts de propriété y sont consignés. Pour les descendants, ces documents offrent une possibilité nouvelle de retrouver leurs ancêtres …  Ces données sont accessibles sur le site web de The Study of the Legacies of British Slavery de l’University College London

Le projet, présenté par un article du quotidien britannique The Guardian, publié hier, rassemble quelque 300 000 pages issues des registres britanniques sur l’esclavage, numérisées par Ancestry, une firme privée, avec  la collaboration du Centre for theStudy of the Legacies of British Slavery de l’University College London. Les documents concernent vingt anciennes colonies, dont les Bahamas, la Barbade, la Jamaïque, Maurice, l’Afrique du Sud et Trinidad.

À Maurice, ces archives couvrent notamment les années qui précèdent et suivent l’abolition de l’esclavage dans l’île, en 1835. Elles permettent de replacer, derrière les chiffres, des personnes identifiées par leur nom, leur âge, leurs liens familiaux et parfois leur origine africaine ou créole.

Les registres avaient été établis par le gouvernement britannique après l’abolition de la traite transatlantique en 1807. Leur objectif initial était de surveiller la population réduite en esclavage et d’empêcher le commerce illégal. Aujourd’hui, ils servent aussi aux descendants à reconstruire leurs généalogies. À savoir que certains pays des Caraïbes réclament des réparations auprès du Royaume-Uni pour la traite négrière. À Maurice, la lutte pour obtenir des compensations auprès des descendants des colons a été, pendant longtemps, le cheval de bataille des Verts Fraternels des frères Michel.