Kreol Morisien au Parlement :la NHRC estime que le mandat du « Select Committee »pourrait aller au-delà du Kreol morisien

Par Vince Bryan
Assemblée nationale

Le Kreol Morisien est au cœur des discussions sur les langues qui pourraient être utilisées à l’Assemblée nationale. Mais selon la National Human Rights Commission, le débat pourrait aller plus loin. La question a été soulevée après une plainte de la Dr Sarita Boodhoo, présidente du Bhojpuri Speaking Union, le mois dernier. Elle s’interrogeait sur l’absence, dans le mandat du Select Committee, de langues comme le bhojpuri, le tamoul, l’hindi, le marathi, le télougou, l’ourdou ou encore le mandarin.

La commission estime que le mandat du Select Committee serait déjà suffisamment large pour permettre d’entendre ces différents arguments et d’examiner les conséquences de l’introduction du Kreol Morisien, tout en considérant les propositions concernant les autres langues mauriciennes. Et si le mandat n’est pas suffisamment clair, la commission recommande de l’élargir.

Par ailleurs, selon le recensement de 2022, le Kreol Morisien est parlé à la maison par 89,9 % de la population, contre 8,6 % pour le bhojpuri, 5,6 % pour le français et seulement 1,3 % pour l’anglais. Ainsi, dans son opinion paper publié le 22 septembre, la commission rappelle que la langue doit être considérée comme une partie du patrimoine national et comme une question d’accès au débat public. Elle ajoute aussi que la langue n’est pas explicitement reconnue comme motif de discrimination dans la Constitution et recommande d’envisager une réforme si besoin est.

La décision finale sur les langues utilisées à l’Assemblée appartient toutefois au Select Committee. Les propositions du public étaient d’ailleurs attendues jusqu’au 22 septembre, date limite fixée par le comité.