Sites web suspendus : ce qu’il faut savoir sur la menace des failles PHP

Jeudi, de nombreux sites restaient suspendus à titre préventif. Au Royaume-Uni, une ministre chargée des technologies a déclaré que 32 services gouvernementaux étaient hors service, principalement en raison de “mesures de précaution”, tandis que certains sites web hors ligne la veille semblaient de nouveau accessibles.

Qu’est-ce que PHP et comment est-il utilisé ?

Créé au début des années 1990, PHP est un langage de programmation informatique qui fait fonctionner environ 70 % des sites web dans le monde. Contrairement à un site statique, qui envoie toujours la même page à tous les visiteurs, un site en PHP est dit “dynamique”: il génère son contenu à la demande en consultant une base de données, en vérifiant si l’utilisateur est connecté, en affichant des informations personnalisées ou encore en mettant à jour le contenu en temps réel.

C’est “la colonne vertébrale du web”, décrit la société de cybersécurité Wiz Research, qui a utilisé l’IA pour trouver des vulnérabilités cachées dans PHP depuis plus de dix ans. PHP, à l’origine l’abréviation de “Personal Home Page” devenue ensuite “PHP Hypertext Preprocessor”, est utilisé au cœur de plateformes populaires de création de sites internet, comme WordPress, Drupal ou PrestaShop.

Les failles découvertes pourraient permettre à des pirates de s’introduire dans un grand nombre de ces sites, des boutiques en ligne aux services publics, dont un certain nombre ont été préventivement mis hors-ligne.

Des sites ont-ils déjà été piratés ?

Selon l’Agence de sécurité nationale américaine, les failles découvertes “offrent souvent un accès direct au système de fichiers ou à la base de données du serveur”, ce qui permet potentiellement à un pirate de prendre le contrôle de ces serveurs sans même avoir besoin d’entrer un mot de passe.



L’équipe d’Amazon Threat Intelligence, dédiée aux menaces en ligne, a néanmoins indiqué la veille avoir repéré une tentative d’exploitation des vulnérabilités avant même la date de leur divulgation officielle. “Il reste incertain de quelle manière cet acteur a obtenu les informations” liées à ces failles, a ajouté l’entreprise. S’agissant des sites suspendus, il s’agit avant tout d’une mesure de précaution.

“Mettre des sites web hors-ligne ne signifie pas nécessairement qu’ils ont été piratés. Cela peut être une mesure responsable pour protéger les systèmes pendant l’application des mises à jour de sécurité.

D’autres conséquences sont-elles possibles ?

Les grandes institutions, des agences gouvernementales aux médias, devraient pouvoir sécuriser leurs sites web relativement rapidement, mais d’autres pourraient demeurer vulnérables.

“Certains sites, systèmes et personnes n’auront absolument aucune idée de ce qui se passe et resteront dans l’ignorance pendant des jours, des semaines, voire des mois.

Cela pourrait inclure des blogs ou autres sites gérés par des particuliers qui pourraient être utilisés pour propager des virus, du spam ou du contenu malveillant. La nature complexe et interconnectée des systèmes en ligne, qui utilisent souvent des interfaces tierces, fait que certaines vulnérabilités peuvent subsister même après la résolution du problème initial.