
Sam Lauthan n’est plus le président de la National Agency for Drug Control. Il a soumis sa démission au bureau du Premier ministre hier. Ce départ, longtemps réclamé par plusieurs ONG, marque la fin d’un mandat fortement contesté.
Les ONG reprochaient à l’ancien travailleur social, pourtant respecté dans la lutte antidrogue, une approche jugée dépassée. Ses mises en garde répétées contre le cannabis ont provoqué la colère d’ONG, d’une partie de la classe politique et de la société civile.
Face aux polémiques et aux critiques, Sam Lauthan quitte la NADC sans réalisations concrètes.
Dès son entrée en fonction comme chairman de la NADC, en avril, Sam Lauthan, affirmait vouloir placer la prévention au cœur de l’action. En juillet, il déclare que la dépénalisation du cannabis peut être étudiée, tout en exprimant de sérieuses réserves, ce qui déclenche un large débat national.
Au fil des mois, ses prises de position deviennent de plus en plus controversées. Sam Lauthan multiplie les sorties médiatiques mettant en garde contre les dangers de l’usage du cannabis et son éventuelle dépénalisation. Il affirme s’appuyer sur des études menées il y a près de vingt ans et évoque une plante « manipulée », plus puissante et exploitée par les réseaux criminels.
Ce discours est jugé alarmiste par plusieurs ONG engagées dans la réduction des risques, qui dénoncent une approche peu scientifique et mal adaptée aux réalités actuelles. Les critiques s’intensifient. Des organisations de la société civile, des syndicats et certains partis politiques accusent la NADC de manquer de vision claire et de plan d’action concret.
Isolé face à la contestation, le président de la NADC finit par soumettre sa démission, hier. Son départ relance aujourd’hui une question centrale : quelle politique antidrogue Maurice souhaite-t-elle adopter face à l’évolution des drogues synthétiques qui touchent de plus en plus les jeunes Mauriciens ?


