
Si les bienfaits de la cigarette électronique pour arrêter de fumer sont reconnus, la question d’éventuels effets secondaires à moyen et long terme se pose. Une vaste analyse de l’Agence de sécurité sanitaire y répond.
Certains utilisent la cigarette électronique à titre de « transition » avant d’arrêter la nicotine pour de bon. D’autres l’utilisent pour la palette de goûts proposée et l’action individuelle de remplissage du e-liquide, dit « do it yourself ».
La pratique, « plus facile » a su convaincre 74 % des adultes et plus de 50 % des jeunes de vapoter quotidiennement selon les chiffres de l’Anses. Mais c’est aussi grâce au contrôle de la quantité de nicotine consommée que l’outil est devenu populaire.
Toutefois, l’Anses l’affirme, « l’absence ou la diminution de nicotine n’exclut pas l’exposition à des substances toxiques ».
Des effets sanitaires possibles
Après avoir rassemblé les conclusions d’une enquête, d’une évaluation des risques et d’une analyse de la littérature scientifique, l’Anses révèle que les données sont suffisantes pour prouver des « effets sanitaires à moyens et longs termes ».
À partir de données disponibles sur plusieurs aldéhydes, des composés industriels à utilisation multiple (acétaldéhyde, acroléine, fromaldéhyde, furfural, glyoxal, propionaldéhyde), l’Anses a « reconnu leurs effets toxiques, notamment cancérogènes et leur présence constante dans les émissions des produits de vapotage ».
Avec ou sans nicotine, le vapotage entraîne « la survenue possible d’effets sur les voies respiratoires, le système cardiovasculaire et la cancérogénèse du vapoteur ainsi que du fœtus exposé in utero ».
Avec nicotine, « la survenue d’effets cardiovasculaires est d’autant plus probable ». On peut prévoir notamment une « augmentation de la pression artérielle ».
Mieux informer les consommateurs sur les risques associés
En attendant « un renforcement de l’encadrement des ingrédients contenus dans les produits de vapotage, en introduisant par exemple des restrictions d’usage ou des interdictions de certains produits », l’Anses rappelle la « responsabilité des fabricants sur la sécurité des dispositifs et des liquides à vapoter ».
Pour l’heure, la loi française prévoit uniquement l’« interdiction de la vente et de la distribution de recharge contenant les additifs suivants :
- des additifs créant l’impression que le produit a des effets bénéfiques sur la santé ou que les risques qu’il présente pour la santé ont été réduits ;
- des additifs et stimulants associés à l’énergie et à la vitalité ;
- des additifs qui confèrent des propriétés colorantes aux émissions ;
- des additifs qui facilitent l’inhalation ou l’absorption de nicotine ;
- des additifs qui, sans combustion, ont des propriétés cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction humaine.
Elle précise également qu’en cas de risques pour la santé humaine, les produits de vapotage, en dehors de la nicotine, sont interdits.
Éviter la tentation chez les jeunes et les non-fumeurs
L’Anses alerte. Pour les jeunes et les non-fumeurs, il faut « éviter toute forme de banalisation de la cigarette électronique ». La consommation par les adolescents est « largement motivée par un effet de mode et un attrait pour des goûts fruités ».
L’Agence rappelle que « son utilisation ne doit s’inscrire que dans une démarche de sevrage tabagique » et la vente de produits de vapotage reste « interdite à la vente pour les mineurs ».
Source : santemagazine.fr


