
À l’heure où un simple téléphone suffit pour capturer et diffuser n’importe quelle scène, la National Human Rights Commission (NHRC) tire la sonnette d’alarme.
Son président, Satyajit Boolell, rappelle dans la Newsletter de la Commission, que l’image d’une personne n’est pas un objet de partage automatique et que sa diffusion peut entraîner des conséquences durables. Il pointe particulièrement du doigt des photos prises dans des postes de police qui finissent sur les réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux voient de plus en plus de photos circuler sans surveillance, parfois même avant même qu’une affaire ne soit établie, provenant de détentions, d’enquêtes et d’accidents.
La NHRC appelle à un usage plus responsable, soulignant que le respect de l’image d’autrui fait partie intégrante des droits fondamentaux.
Pour la Commission, la facilité avec laquelle les images circulent aujourd’hui ne doit pas faire oublier qu’elles concernent d’abord des êtres humains.
Satyajit Boolell explique que le droit à l’image découle du droit à la vie privée et s’applique autant aux suspects qu’aux victimes, aux personnes en détention ou en situation de vulnérabilité.
Il rappelle que plusieurs juridictions internationales considèrent l’image comme un élément essentiel de l’identité d’une personne et que sa diffusion non contrôlée peut causer un préjudice durable.
À Maurice, certaines photos prises lors d’interventions policières ou dans des lieux publics ont récemment alimenté les réseaux sociaux, souvent sans nécessité réelle.
La Commission estime que ces pratiques exposent inutilement des individus et leurs familles. Elle invite chacun à faire preuve de retenue avant de publier une image et à se demander si cette diffusion sert vraiment l’intérêt public.


