
John Bolton, ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump durant son premier mandat, estime que le président américain aurait dû s’opposer dès son retour à la Maison-Blanche à toute avancée conduisant à la rétrocession de l’archipel des Chagos. Dans une tribune publiée cette semaine dans The Washington Post, il a qualifié la stratégie de Trump dans l’océan Indien d’« incohérente ».
Donald Trump aurait dû, dès son retour à la Maison-Blanche, mettre un terme aux discussions engagées entre le Royaume-Uni et Maurice sur la rétrocession des Chagos, estime John Bolton. Car une telle décision, selon lui, risque de réduire l’influence des États-Unis dans cette région stratégique et sensible dans un contexte de montée en puissance de la Chine.
John Bolton rappelle l’importance capitale de la base militaire américano-britannique de Diego Garcia, pivot des opérations américaines au Moyen-Orient. D’ajouter que Washington aurait pu invoquer les accords conclus en 1966 entre le Royaume-Uni et Maurice pour préserver ses intérêts stratégiques.
L’ex-conseiller n’est pas isolé dans cette position. Le sénateur John Neely Kennedy a annoncé, au début du mois, son intention de proposer une loi afin que les États-Unis rachètent l’archipel des Chagos au Royaume-Uni. À ses yeux, Diego Garcia — utilisée notamment lors de l’invasion de l’Irak en 2003 — constitue l’une des bases militaires les plus cruciales de l’histoire contemporaine.
Dans l’hypothèse d’une attaque américaine contre l’Iran, Diego Garcia représente un atout stratégique majeur, souligne Bradley Bowman, directeur du Center on Military and Political Power au sein de la Foundation for Defense of Democracies. Il met en avant les pistes capables d’accueillir des bombardiers B-1, B-52 et B-2, ainsi que la position géographique de l’atoll, situé hors de portée des missiles balistiques iraniens.


