
Les révélations sont accablantes. Drogue qui circule librement, détenus qui imposent leur loi, manque criant d’effectifs et graves dysfonctionnements : le Board of Inquiry sur la mort d’Andy Selmour, survenue le 9 décembre 2025 à la prison de Melrose, dresse un constat sévère sur un système carcéral profondément fragilisé.
Après plusieurs semaines d’auditions, conclues hier par huit dernières dépositions dont celle très attendue de l’ex-commissaire des prisons Dev Jokhoo, un schéma récurrent se dégage : l’inaction de certains hauts cadres, souvent accusés d’intervenir trop tard, uniquement en situation de crise.
Malgré sa classification «haute sécurité», la prison de Melrose apparaît loin d’être suffisamment sécurisée. Des témoignages dénoncent un trafic de drogue facilité, possiblement avec la complicité de certains officiers, et l’emprise inquiétante de détenus sur l’établissement.
Concernant Andy Selmour, les versions divergent : certains le décrivent comme perturbateur et impliqué dans le trafic, d’autres comme un prisonnier calme. L’hypothèse d’un colis de drogue reçu le jour de sa mort, qui aurait déclenché l’agression fatale, reste à confirmer.
Des zones d’ombre persistent sur sa prise en charge médicale et son transfert, chaque service rejetant la responsabilité, malgré une urgence clairement signalée.
Environ une centaine de témoins ont été entendus par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen. Place désormais à l’analyse, avant la remise d’un rapport très attendu au Premier ministre.


