
La guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz, où transite habituellement 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures, affectent particulièrement l’approvisionnement en gaz et en pétrole des pays asiatiques.
Les Philippines sont le premier pays à avoir décrété, le 24 mars, un « état d’urgence énergétique ». Les réserves du pays aux 115 millions d’habitants, qui importe plus de 90 % de son pétrole du Golfe, s’amenuisent à moins de 45 jours, même si le débarquement, le 26 mars, d’un pétrolier russe, doit offrir un court répit à l’archipel.
L’Inde, où 300 millions de foyers dépendent du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour cuisiner, importe les deux tiers de ses besoins, en quasi-totalité via le détroit d’Ormuz. Un blocage prolongé de la zone exposerait le pays à une pénurie, car il n’existe pas, comme pour le pétrole, de réserves de gaz.
Plusieurs pays du continent ont dû prendre des mesures d’urgence pour limiter la consommation. En Birmanie, la junte a instauré une circulation alternée pour les véhicules privés.
« Le Vietnam et la Thaïlande encouragent le télétravail, Myanmar limite la quantité de carburant pouvant être achetée par les particuliers, le Sri Lanka a mis en place un système de rationnement du carburant », écrit Phuc-Vinh Nguyen, chef du centre énergie de l’Institut Jacques Delors dans une note sur le sujet.
Ces difficultés d’approvisionnement exercent une pression indirecte sur l’Europe, car les pays d’Asie se tournent désormais vers les États-Unis, fournisseur en gaz de l’Union européenne. Plus d’une dizaine de navires transportant du gaz américain à destination de l’Europe ont été redirigés vers l’Asie, qui offre un prix plus élevé.


