
Un rapport du Bureau de l’Audit met en lumière les failles du dispositif d’aide sociale. Outils dépassés, manque de coordination et suivi insuffisant. L’État parvient davantage à contenir la pauvreté qu’à la réduire durablement.
Un document a été soumis au Parlement par le ministère de l’Intégration sociale cette semaine.
Le rapport du Bureau de l’Audit, couvrant la période 2016 à 2025, souligne les limites du système de lutte contre la pauvreté à Maurice. Malgré un investissement de 4,2 milliards de roupies, les résultats restent en deçà des attentes.
Le dispositif apparaît davantage orienté vers la gestion de la pauvreté que vers son élimination.
En cause, un décalage entre la loi sur l’intégration sociale et sa mise en œuvre. Alors que le texte cible la pauvreté absolue, des critères plus larges sont appliqués, ce qui dilue l’impact des aides.
L’audit pointe aussi l’utilisation d’un outil devenu obsolète. Le Proxy Means Test, une méthode d’évaluation de la pauvreté utilisée pour cibler les bénéficiaires de programmes sociaux, repose sur des données datant de 2012 et ne reflète plus la réalité du coût de la vie.
Autre faiblesse relevée, le manque de coordination entre institutions, notamment avec la Mauritius Revenue Authority, ce qui limite la vérification des revenus et des avoirs des bénéficiaires.
Enfin, les mécanismes d’autonomisation montrent leurs limites. Les aides sont souvent reconduites automatiquement, avec peu de sorties du système et un suivi insuffisant de l’insertion professionnelle.
Le Bureau de l’Audit appelle à une réforme en profondeur. Modernisation des outils, meilleur partage des données et recentrage sur l’emploi. Sans ces changements, la pauvreté risque de s’installer durablement, voire de se transmettre de génération en génération.


