Conflits au Moyen-Orient : Perturbations « les plus sévères » des flux des matières premières de l’histoire récente

La guerre au Moyen-Orient a provoqué l’une des perturbations « les plus rapides » et « les plus sévères » des flux mondiaux de matières premières de l’histoire récente, a estimé jeudi à New York l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), soulignant la nécessité de trouver à l’avenir des routes alternatives.

Quelques jours seulement après l’éclatement du conflit, le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz s’est effondré de 90%, a fait constater Máximo Torero,  économiste en chef de la FAO, lors d’un point de presse virtuel.

Ce passage stratégique achemine habituellement 20 millions de barils de pétrole par jour – soit jusqu’à 35% du pétrole brut mondial – ainsi qu’un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL) et environ 30% des engrais échangés au niveau international, a indiqué le responsable onusien.

La réduction des exportations de GNL, élément essentiel à la production d’engrais azotés, pourrait entraîner «une augmentation significative  de 15 à 20% des prix des engrais au cours du premier semestre 2026», a-t-il averti.

La fermeture  du détroit a également pénalisé les exportations des pays du Golfe, à l’origine de près de la moitié du commerce mondial de soufre, une matière «indispensable» à la production d’un autre composant des engrais : le phosphate, a noté M. Torero.

La guerre a  aussi conduit les assureurs à étendre les zones à haut risque, amenant les clubs de protection et d’indemnisation (P&I) à relever les primes de couverture en temps de guerre jusqu’à un pic de 10% de la valeur totale des cargaisons.

Ces réalités  signifient que «même si le conflit cessait aujourd’hui, il faudrait deux à trois mois pour stabiliser ces coûts», a-t-il précisé.

La dimension  temporelle revêt une importance particulière, a-t-il expliqué, ajoutant que si le conflit prend fin dans les deux prochaines semaines, «le marché pourrait absorber ce choc en l’espace d’environ deux à trois mois». En revanche, a-t-il prévenu, un blocus de trois mois « affecterait l’ensemble des agriculteurs à l’échelle mondiale.

Pour faire face à cette situation à court terme, la FAO recommande de trouver des alternatives en matière de corridors commerciaux. À moyen terme, il conviendrait de diversifier les sources d’importation au-delà du Golfe, de renforcer le partage des réserves régionales et d’éviter les restrictions à l’exportation, a ajouté M. Torero.

À long terme, a-t-il poursuivi, il sera essentiel de renforcer la résilience. « Cela implique d’utiliser nos intrants de manière plus efficace et de trouver des alternatives à ces engrais », a conclu le responsable onusien.

Plus d'Actualités