Face au blocage d’Ormuz, un « plan Marshall » transforme le désert en autoroute mondiale du fret

La fermeture du détroit d’Ormuz et les tensions en mer Rouge désorganisent les routes du commerce mondial et déplacent les flux vers de nouveaux hubs régionaux. Dans le désert du Golfe, les conteneurs quittent la mer pour la route, portés par des flottes de camions devenues essentielles à la logistique internationale.

Le désert ne sert plus seulement de décor. Il est devenu une artère logistique à part entière. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz fin février et la désorganisation des routes maritimes en mer Rouge, les flux mondiaux de marchandises se sont déplacés, fragmentés, recomposés — et, surtout, ils roulent désormais.

Dans cette nouvelle géographie contrainte du commerce international, les conteneurs ne prennent plus la mer avant de réapparaître dans les ports du Golfe. Ils s’arrêtent, sont déchargés, puis prennent la route. Et ce sont des milliers de camions qui absorbent désormais le choc géopolitique.

Un désert saturé

Désormais, une part croissante des marchandises transite par la mer Rouge et le canal de Suez avant de toucher terre sur la façade occidentale de la péninsule Arabique. De là, tout change de nature. À Jeddah, les grues tournent sans interruption. Le port saoudien, longtemps tourné vers son arrière-pays régional, s’est transformé en plateforme de redistribution vers le Golfe. Les navires des géants mondiaux du transport maritime y déversent leurs cargaisons. Les conteneurs y changent de monde : de la mer au bitume.

Car la mer ne suffit plus. Les cargaisons repartent aussitôt vers l’intérieur des terres, par convois routiers, sur des autoroutes qui traversent des centaines de kilomètres de désert pour rejoindre Sharjah, Bahreïn ou le Koweït — désormais privés d’accès maritime direct.

Le règne discret des corridors terrestres

Plus à l’ouest et au sud, d’autres ports jouent les points de rebond. Sohar à Oman, Fujairah et Khor Fakkan aux Émirats arabes unis sont devenus des portes d’entrée alternatives, hors de la zone d’instabilité du détroit. Mais ces ports ne sont que des étapes. 

Source : latribune.fr

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