
Washington et Téhéran sont convenus cette semaine de cet accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
La signature était initialement prévue à Genève. Le protocole d’accord, qui prévoit la cessation immédiate des hostilités et inclut le front libanais, a finalement été signé, chacun de son côté par Donald Trump, en visite en France, et paraphé côté iranien par le président Massoud Pezeshkian.
“Je viens de le signer”, a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l’on voit le républicain signer l’accord aux côtés de son homologue français Emmanuel Macron, le pouce levé et sourire aux lèvres.
“Le président Trump a signé ce soir à Versailles l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis. Cet accord ouvre la voie à une paix durable et permet la réouverture du détroit d’Ormuz”, a déclaré M. Macron dans une vidéo publiée sur son compte X.
Côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a indiqué que le texte avait été paraphé par le président Massoud Pezeshkian.
Réouverture d’Ormuz
Cette signature signifie que le détroit d’Ormuz sera “instantanément” rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin “immédiatement”, a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale.
Sur les marchés pétroliers, les prix ont continué de refluer. Vers 05H30 GMT jeudi, le cours du baril de WTI nord-américain reculait de 2,81% à 74,63 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, se repliait de 2,40% à 77,64 dollars.
M. Sharif a par ailleurs indiqué qu’une cérémonie aurait bien lieu vendredi en Suisse pour “commémorer cet événement marquant et donner le coup d’envoi des discussions techniques”.
“Cet accord acte l’échec des Etats-Unis” face à l’Iran, a déclaré mercredi soir le chef de l’équipe de négociation iranienne, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de “grande victoire” pour l’Iran, qu’il a remercié d’avoir insisté pour y inclure le front libanais.
Deux mois pour négocier
Le texte du protocole d’accord, lu mercredi par un haut responsable américain à des journalistes, prévoit que les Etats-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s’engagent également à lever l’ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d’un accord définitif, au terme d’une période de négociations de 60 jours.
Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d’un mécanisme permettant de traiter les stocks d’uranium iraniens “en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique)”, a souligné ce responsable, voulant y voir une “victoire majeure” pour Washington.
Les Etats-Unis s’engagent par ailleurs, en cas d’accord définitif, à faciliter “avec leurs partenaires régionaux”, notamment du Golfe, le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.
L’Iran a publié mercredi le texte de l’accord, via l’agence de presse gouvernementale Irna.
Source AFP


