
Une enquête met en lumière des conditions de vie dénoncées par des résidents, leurs proches et des visiteurs. Les autorités promettent désormais des mesures urgentes.
Notre enquête sur le Foyer Trochetia, à Pointe-aux-Sables, suscite une vive émotion. Images à l’appui, notre équipe a documenté des conditions de vie préoccupantes au sein de cet établissement accueillant des personnes âgées et des résidents en situation de handicap.
Lors de notre visite le dimanche 28 juin dernier dans l’aile réservée aux hommes, plusieurs chambres présentaient des traces brunâtres visibles sur les murs, les plafonds ainsi qu’autour des prises électriques. D’après les témoignages recueillis sur place et nos propres observations, ces marques sont compatibles avec une infestation de punaises de lit.
Plusieurs résidents, visiteurs et proches affirment que ce problème perdurerait depuis plus d’un an. Selon leurs témoignages, certains pensionnaires auraient été contraints de changer de chambre, voire de bâtiment, à plusieurs reprises.
Notre équipe a également constaté la présence de matelas fortement dégradés. Plusieurs témoignages font état de piqûres récurrentes chez certains résidents, alimentant l’inquiétude des familles.
« Chaque nuit est devenue une épreuve »
Pour la première fois, un résident a accepté de témoigner devant notre caméra, sous couvert d’anonymat, affirmant craindre d’éventuelles représailles. Nous l’appellerons Roland. Résident du foyer depuis plus d’un an, il décrit un quotidien difficile et des nuits particulièrement éprouvantes en raison, selon lui, de la présence d’insectes dans les chambres.
Des familles profondément inquiètes
Les proches des pensionnaires tirent également la sonnette d’alarme. Annabelle, qui a confié son père au foyer faute de pouvoir assurer sa prise en charge à domicile, affirme ne plus reconnaître les conditions dans lesquelles il vit aujourd’hui.
Un autre visiteur, ayant souhaité conserver l’anonymat, dénonce ce qu’il qualifie de conditions de vie indignes pour les résidents et appelle à une intervention rapide des autorités.
Les autorités réagissent
Face aux faits mis en évidence par notre enquête, Ali Jookhun, militant engagé pour la défense des droits des personnes en situation de handicap, s’est dit profondément indigné par la situation. Il affirme son intention de saisir les instances africaines et internationales afin d’alerter sur les conditions de vie des personnes en situation de handicap au sein de l’établissement.
« Il est inacceptable de laisser nos aînés et les personnes en situation de handicap, parfois même alitées, vivre dans de telles conditions », déclare-t-il. Au lendemain de la diffusion de notre enquête, le Junior Minister à la Sécurité sociale, Kugan Parapen, s’est exprimé ce matin dans l’émission « Enquête en Direct ».
Il s’est déclaré profondément choqué par les conditions observées au sein de l’établissement, estimant que les différentes réunions tenues jusqu’à présent avec les responsables du conseil d’administration n’avaient jamais laissé apparaître une situation d’une telle gravité.
Le ministre délégué a qualifié les faits d’« alarmants » et indiqué que l’option d’un relogement temporaire des résidents avait été évoquée. Une décision qui dépendra toutefois des conclusions des autorités sanitaires, un premier rapport ayant déjà été transmis au ministère de la Santé et un second étant attendu dans les prochains jours afin de déterminer si les pensionnaires peuvent rester sur place ou devront être transférés.
Kugan Parapen a également affirmé que ni lui ni le ministre Ashok Subron n’avaient été informés de l’ampleur de la situation auparavant, rappelant que les ministres s’appuient généralement sur les rapports qui leur sont soumis.
Réagissant aux déclarations du président du conseil d’administration du Foyer Trochetia, il l’a invité à assumer pleinement ses déclarations et sa version des faits.
Une visite ministérielle sur place
À la lumière des éléments révélés par notre enquête, Ashok Subron et Kugan Parapen se sont rendus au Foyer Trochetia en fin de matinée afin de constater eux-mêmes la situation et d’évaluer les mesures à prendre dans les plus brefs délais.
L’attention se tourne désormais vers les conclusions des autorités compétentes, alors que les résidents et leurs familles espèrent des réponses concrètes et rapides face aux nombreuses préoccupations soulevées.


