
Il était une fois une forêt qu’il m’est difficile de situer dans le temps et dans l’espace. L’essentiel c’est qu’elle existe.
Celle-ci pour être gouvernée, il lui fallait un lion fort, rodé et sachant répondre aux exigences de ces sujets. Dans la forêt, plusieurs lions semblaient répondre à ces critères alors qu’un seul a su se distinguer de la masse parce qu’il a pu réunir autour de lui toutes les espèces dans un semblant d’harmonie.
Le vieux roi du voisinage, voyant ça d’un mauvais œil, usait de tous ses moyens pour reprendre ce qui lui revenait de droit. Il prend comme vizir et compagnon de lutte un tigre et tous les félins qui composaient sa horde. D’autres pique-assiettes se joignirent au groupe, satisfaits du peu qui leur revenaient. Si, officiellement, le duo lion-tigre marchait d’un même pas, officieusement, leurs visions et analyses s’opposaient. Tous les animaux de la forêt n’adhéraient pas à cette formules conscients que cette union était éphémère et de surcroit ne répondait pas à leurs attentes.
Le tigre qui, de mémoire d’animaux, n’avait jamais eu le pouvoir – sans pour autant être sensible à cette perspective- fatigué de cette mésalliance, se sépara du vieux lion et fit cavalier seul. Les pique-assiettes suivirent le même chemin, assurés de la maigreur du gibier.
Cette fable n’a ni queue, ni tête, ni moralité à méditer si ce n’est celle-ci:
Les lions se suivent et se ressemblent,
Les tigres n’auront jamais le pouvoir,
Et les pique-assiettes existeront tant qu’il y aura du gibier


