Sa nomination avait suscité la polémique. Douze ans après avoir plaidé coupable aux États-Unis dans une affaire d’exploitation, Somduth Soborun démissionne de l’Equal Opportunities Commission quatre jours après sa nomination

Par Vel Moonien et Vince Bryan

Un petit tour et puis s’en va… Quatre jours seulement après avoir prêté serment comme membre de l’Equal Opportunities Commission devant le président de la République, l’ancien ambassadeur de Maurice aux États-Unis, Somduth Soborun, a soumis sa démission.

Sa nomination avait provoqué une vive polémique. Il avait plaidé coupable, il y a douze ans, devant un tribunal fédéral du New Jersey, après avoir été accusé d’avoir exploité une employée de maison philippine.

La nomination de Somduth Soborun intervient après son engagement politique aux côtés de Navin Ramgoolam dans la circonscription de Pamplemousses/Triolet. Selon les informations disponibles, sa nomination aurait notamment été recommandée au Premier ministre par l’un de ses proches collaborateurs au Bureau du Premier ministre.

Somduth Soborun a d’abord travaillé comme enseignant aux Seychelles avant d’entamer une carrière diplomatique. Il devient Deputy Chief of Protocol au ministère des Affaires étrangères en 1998, puis exerce notamment en Égypte avant d’être nommé aux États-Unis.

C’est là que le FBI l’a poursuivi pour avoir fait travailler une ressortissante philippine douze heures par jour, six jours par semaine, pour un salaire de 1 000 dollars par mois, entre décembre 2008 et août 2009.

Somduth Soborun avait plaidé coupable et accepté de verser 24 153 dollars à son ancienne employée de maison.

Son passé judiciaire aux États-Unis avait ainsi été au cœur des interrogations sur sa nomination à une institution chargée notamment de promouvoir l’égalité des chances et de lutter contre les discriminations.