Par Danny Ip

Le président des Maldives a institué, le 1er novembre, une commission présidentielle spéciale composée de sept membres. Elle est chargée d’enquêter sur la gestion, par l’ancien gouvernement maldivien, du différend maritime avec Maurice concernant l’archipel des Chagos devant le Tribunal international du droit de la mer (TIDM).
L’enquête vise notamment à déterminer si des responsables de l’État ont fait preuve de négligence juridique dans le traitement de cette affaire, qui a abouti, en 2023, à la délimitation de la frontière maritime entre les deux pays.
Les Maldives maintiennent la pression et continuent de revendiquer des droits sur les espaces maritimes entourant l’archipel des Chagos. En septembre 2026, le président maldivien, Mohamed Muizzu, avait adressé une correspondance au Premier ministre britannique, Andy Burnham, réclamant la réouverture des négociations et l’abandon de l’accord conclu avec Maurice. Selon lui, les Maldives doivent avoir leur mot à dire sur la zone économique entourant l’archipel. Le gouvernement britannique avait, de son côté, réaffirmé qu’il ne reconnaissait que la souveraineté de Maurice sur les Chagos.
Deux mois plus tard, le gouvernement maldivien adopte une nouvelle stratégie. Mohamed Muizzu a institué une commission d’enquête sur la gestion du différend maritime entre son pays et Maurice devant le Tribunal international du droit de la mer. En avril 2023, le tribunal avait délimité une frontière maritime contraignante dans une zone de 92 000 km² entre les deux pays. Une décision qui, selon les autorités maldiviennes, aurait entraîné des « pertes importantes et irréparables » pour les pêcheries et les ressources des fonds marins des Maldives.
Le président maldivien soutient que son pays dispose de revendications historiques, culturelles et géographiques plus fortes sur l’archipel, invoquant notamment sa proximité, située à environ 500 kilomètres, ainsi que des archives royales datant du 16eme siècle.


