
Sur un ton résigné, la plupart de nous se pose cette question, après avoir passé deux crises dans un court laps de temps. D’abord, il y a eu la crise sanitaire, le confinement et toute la souffrance y relative, ensuite il y a les conflits au Moyen-Orient, la flambée des prix, l’approvisionnement maritime et tout le reste. Et même si nous sommes loin de l’œil des cyclones, et notre responsabilité n’est nullement engagée, nous morflons autant que les autres ou un plus que les autres. Au début, secoués, nous scrutons la réaction de ceux qui ont notre devenir en main. Ceux qui nous ont promis changement et moult merveilles. Les caisses sont vides et les soutiens impossibles. Les taxes restent pour financer les subsides sur d’autres matières. Une série d’augmentations est le seul recours pour mitiger l’impact de la crise moyen-orientale. Des réponses simples à des problèmes exogènes sur lesquels ils n’ont aucun contrôle. Voilà comment on s’ingénue à rendre l’essentiel impossible ou hors de portée. Résultat de la concertation d’un comité interministériel qui s’est réuni plusieurs fois. C’est vous dire la complexité de la situation et la facilité à travers laquelle on trouve des solutions. Mais on vous rassure, les mesures prises sont temporaires et dureront le temps du conflit ou un peu plus. D’un autre côté, il y a d’autres qui nous reprochent notre dépendance de tout ce qui vient d’ailleurs alors que la patate, le manioc et le fruit à pain sont bien de chez-nous. Des légumes succulents avec lesquels on réalise des mets raffinés. Un retour au terroir s’impose en période de crise car nous devons produire ce que nous consommons. Une recommandation qui réveille en nous un sentiment de culpabilité d’avoir délaissé notre authenticité et négligé notre production locale. Quelques parts ce qui nous arrive est un peu de notre faute de n’avoir rien planté, de n’avoir pas fait l’économie de l’énergie malgré les différentes campagnes de sensibilisation, de n’avoir pas laissé la voiture au garage ni pensé au covoiturage. Nous n’avons rien appris avec la Covid, nous n’allons rien apprendre avec les conflits au Moyen-Orient. A quand la prochaine crise ?
Tibye


