
Les chiffres ne collent pas pour la Financial Crimes Commission (FCC). Alors que le suspect Hemraj Manohur, 61 ans, a reconnu avoir extorqué au moins Rs 150 millions à des femmes en détresse, notamment celles dont les conjoints étaient gravement malades, et des veuves depuis 2016, les enquêteurs ne sont en présence de plaintes de victimes pour un magot de Rs 60 millions.
Cette affaire continue à faire des vagues. Deux complices d’Hemraj Manohur ont été arrêtés jusqu’ici. Son frère, Hemkaran Monohur, est sous le coup d’une accusation de blanchiment, tout comme Rajan Sampat et Ramesh Hemraj. Ce dernier a été mis à l’index par trois des victimes. Elles ont déclaré avoir versé Rs 3,5 millions sur son compte en banque.
L’argent provient des indemnités qu’elles auraient perçues à la suite du décès de leurs conjoints, voire d’un « lump sum ». Hemraj Manohur avait trouvé un moyen de financer son goût aux paris. Une dizaine de victimes ont porté plainte jusqu’à présent, mais ce chiffre a été revu à la hausse par la FCC. Son enquête a établi qu’il aurait utilisé plusieurs faux noms, notamment Manoj Ramdanee, Manoj Gopal, Raj Monohur, Mulliah et Raj Mohir pour tromper ses victimes.
L’enquête a aussi bénéficié d’informations transmises par la Financial Intelligence Unit (FIU) et la Mauritius Revenue Authority (MRA), ce qui a permis d’identifier d’autres mouvements financiers et d’élargir les investigations. Les victimes viennent de plusieurs régions du pays, notamment Flic-en-Flac, St Pierre, Pamplemousses, Rivière des Anguilles, Quatre-Bornes, Vacoas, Camp Thorel, Pointe aux Canonniers, Plaines des Papayes et Roches Brunes. Plusieurs d’entre elles ont indiqué avoir rencontré le suspect dans des hôpitaux, des centres commerciaux ou par l’intermédiaire de connaissances.


