
Fort de l’opération menée au Venezuela, Donald Trump multiplie les menaces et revendications sur le Groenland, au nom de la sécurité nationale américaine. Une posture de plus en plus assumée qui inquiète le Danemark et ravive les tensions au sein de l’OTAN.
Où s’arrêtera Donald Trump ? Quarante-huit heures après la capture de Nicolas Maduro, dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier le président américain se sent pousser des ailes et multiplie les menaces : contre la Colombie, contre Cuba, mais aussi contre le Mexique, et désormais contre le Groenland. “Nous en avons besoin”, assure Donald Trump. Un message on ne peut plus clair, répété à deux reprises en l’espace de quelques heures par le président américain.
Il en a parlé dimanche soir dans une interview au journal The Atlantic, puis à nouveau devant des journalistes, à bord d’Air Force One, lorsque son avion le ramenait de Floride vers Washington. “Nous avons besoin du Groenland. C’est une question de sécurité nationale, assure Donald Trump. Aujourd’hui, le Groenland est cerné de bateaux russes et chinois, et le Danemark ne peut pas s’en occuper.” S’ensuit une conversation où Donald Trump ironise sur les moyens de sécurité déployés sur l’île par le Danemark. Puis le président américain reprend son sérieux. “Nous avons besoin du Groenland, et l’Union européenne a besoin que nous l’ayons.” Un message envoyé à ses alliés de l’OTAN, avec une transparence aussi déroutante qu’inquiétante.
De multiples déclarations du clan Trump
Cette menace n’est pas nouvelle. Donald Trump en avait parlé avant même de retrouver la Maison Blanche, fin 2024. Son fils, Don Jr., s’était même rendu sur l’île, distribuant des casquettes rouges siglées MAGA à quelques habitants. Le vice-président JD Vance était, lui, allé visiter une base américaine sur place. Plus récemment, mi-décembre, Donald Trump a nommé un envoyé spécial, Jeff Landry, avec pour mission de “faire du Groenland une partie des États-Unis.”
Quelques heures seulement après la capture de Nicolas Maduro, l’épouse de l’un de ses plus proches conseillers, Stephen Miller, chargé de la sécurité intérieure, a publié une carte du Groenland recouverte d’un drapeau américain, accompagnée de ce simple message en lettres capitales : “SOON”, qui signifie “bientôt”.
Le Danemark a réagi. L’ambassadeur danois à Washington avait adressé un “petit rappel amical” samedi, à la suite de cette publication. Le ton s’est nettement durci dimanche du côté de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui a exhorté les États-Unis à “cesser leurs menaces à l’encontre d’un allié historique” et rappelé que le peuple groenlandais “n’est pas à vendre”. Derrière Copenhague, c’est toute l’Europe qui va devoir faire face à cette menace et répondre à un Donald Trump enivré par la réussite de l’opération lancée au Venezuela, et qui observe désormais la carte du monde comme un ogre affamé regarderait un buffet en libre-service, considérant que tout ce qui englobe le continent américain lui appartient.


