
Enfin la rentrée est arrivée. Pour Tibye, le retour au parlement après un mois de vacances ressemble à la rentrée scolaire. Tous les élus de la Nation mettent leurs plus jolis habits, comme des gamins fiers de sentir le neuf. D’autres sont engoncées dans leur costume à peine sortis du pressing suant à grandes gouttes sous la chaleur de la capitale. Tibye est content de rejoindre les rangs des élèves turbulents, déjà prêts à balancer des boulettes dans le dos de l’instituteur, ou à régler leur compte aux premiers de la classe. Il y a aussi les élèves timides, maladroits et impressionnés par leur nouvelle charge. Assis au fond de la classe, ils se demandent toujours comment ils ont fait pour être là. Et puis il y a les redoublants à qui on ne la fait pas et qui connaissent le programme par cœur, réélus depuis des décennies dans leurs circonscriptions, scotchés à leur siège au point de souffrir d’escarres au niveau du fondement. Ensuite, les fils à papa qui arrivent en classe en grosse cylindrée. Ils sont entrés en politique parce que c’est génétiquement transmis ou juste pour faire plaisir à maman. Après le rappel du maître d’école des principes de fonctionnement et le souhait de bienvenue, tout le monde se rue vers le buffet. Certains ont même prévu des sacs en plastiques pour les petits fours estampillés « Au frais de la reine », à traduire par « By Appointment to Her Majesty the king », et merci.
