Contestation en Iran : le gouvernement annonce une aide financière pour tous, Trump menace de frapper 

Capture d’une vidéo prise le 4 janvier 2026 avec des manifestants dans le district de Malekshahi, dans la province occidentale d’Ilam, en Iran. (UGC/AFP)

L’exécutif iranien a fait dimanche un geste envers les manifestants après une semaine d’un mouvement de protestation initié par des revendications économiques. Le président américain a une nouvelle fois mis la pression sur les dirigeants du pays. 

Un pas vers les manifestants. Le gouvernement iranien a annoncé dimanche 4 janvier au soir que chaque citoyen recevrait pendant quatre mois une aide mensuelle d’environ six euros, après une semaine d’un mouvement de contestation déclenché par des revendications économiques. «Chaque personne recevra un montant d’un million de tomans (10 millions de rials, soit environ six euros) par personne et par mois, qui sera crédité sur son compte pendant quatre mois», a déclaré la porte-parole du gouvernement Fatemeh Mohajerani à la télévision d’Etat. Cette aide vise à «réduire la pression économique sur la population», a-t-elle précisé. 

Le salaire moyen en Iran, un pays qui compte 86 millions d’habitants, est d’environ 170 euros par mois, et le salaire minimum d’environ 85 euros par mois. La plupart des Iraniens paient leurs achats quotidiens avec leurs téléphones ou des cartes de crédit plutôt qu’avec du liquide. 

Le mouvement de contestation, initialement lié au coût de la vie, a débuté le 28 décembre à Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique, et s’est depuis élargi à des revendications politiques. 

La contestation a touché à des degrés divers une quarantaine de villes, principalement situées dans l’ouest du pays. Au moins 12 personnes, dont des membres des forces de sécurité, ont été tuées, selon un bilan basé sur des annonces officielles. De nouveaux affrontements ont eu lieu ce week-end. 

Dimanche soir, Donald Trump s’est montré menaçant envers le régime iranien : «Nous regardons cela de très près. S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront frappés très durement par les Etats-Unis», a prévenu le président américain, à bord de son avion Air Force One. Vendredi, il avait déjà dit que les Etats-Unis sont «prêts à venir au secours» des manifestants. 

Ce nouveau mouvement est né au moment où le pays apparaît affaibli après la guerre avec Israël en juin 2025 et les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux tandis que l’ONU a rétabli en septembre des sanctions contre l’Iran pour son programme nucléaire. 

La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d’un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu’une hyperinflation fragilise depuis des années le pouvoir d’achat des Iraniens, dans un pays asphyxié par des sanctions internationales. 

Le pouvoir a dès le début des protestations tenté de jouer l’apaisement, reconnaissant des «revendications légitimes» liées aux difficultés économiques. Mais la justice a mis en garde contre toute intention de déstabilisation. 

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