
Un homme armé a tenté d’abattre Donald Trump samedi soir au dîner des correspondants de la Maison Blanche à Washington. La cinquième tentative en dix ans.
« Personne ne m’avait dit que c’était un métier aussi dangereux. » Donald Trump a prononcé ces mots samedi soir, quelques heures à peine après avoir frôlé la mort pour la cinquième fois en dix ans.
Cinq tentatives d’assassinat sur un seul et même président, dont deux pendant ses mandats : l’histoire américaine n’avait encore jamais connu ça. Ni Lincoln, assassiné en 1865, ni Kennedy, tué en 1963, ni Reagan, blessé par balle en 1981, ni même Gerald Ford, visé deux fois en un seul mois de septembre 1975, n’avaient atteint ce chiffre.
Trump, oui. « J’ai étudié les assassinats, et je dois vous dire que les personnes qui ont le plus d’influence, les personnes qui en font le plus, les personnes qui ont le plus grand impact, ce sont elles qu’ils prennent pour cible », a-t-il ajouté depuis la Maison Blanche.
Juin 2016, le coup d’essai de Las Vegas
Le 18 juin 2016, Donald Trump n’est pas encore président mais tient un rassemblement au Treasure Island de Las Vegas. Dans la foule, un jeune Britannique de 19 ans, Michael Sandford, s’approche d’un agent du Secret Service sous prétexte de demander un autographe. Son vrai objectif : s’emparer de l’arme de l’agent pour abattre le candidat républicain.
Il est maîtrisé avant de pouvoir passer à l’acte. L’enquête révèle qu’il avait planifié cet assassinat depuis un an, s’était entraîné au tir la veille dans un stand de Las Vegas avec un pistolet 9 mm, et avait même acheté un billet pour un rassemblement à Phoenix, en Arizona, en cas d’échec.
Le 13 septembre 2016, il est condamné à un an et un jour d’emprisonnement. Après 11 mois de détention, il est libéré puis expulsé vers le Royaume-Uni.
Juillet 2024, la balle qui a traversé la campagne
C’est sans doute la tentative la plus médiatisée et celle qui lui a fait toucher la mort du bout des doigts. Le 13 juillet 2024, à Butler, en Pennsylvanie, Donald Trump prend la parole lors d’un meeting en plein air.
Thomas Matthew Crooks, 20 ans, sans passé criminel, ne laisse rien au hasard : il survole les lieux avec un drone pour repérer sa position, et s’y rend à deux reprises ce jour-là avant de s’installer sur un toit surplombant la tribune, quelques heures avant l’événement. Il avait même cherché sur Google à quelle distance Lee Harvey Oswald se trouvait de John F. Kennedy le jour de son assassinat.
Il ouvre le feu. Une balle transperce l’oreille droite de Trump, qui s’effondre derrière le pupitre avant de se relever, le visage maculé de sang. Un spectateur est tué dans l’assistance, deux autres grièvement blessés. Le tireur, lui, est abattu dans la foulée par les snipers du Secret Service. Dans son véhicule et à son domicile, les enquêteurs découvrent des explosifs.
Mais c’est une image qui restera gravée dans les mémoires : Trump debout, le poing levé. Une photographie qui fait le tour du monde en quelques minutes et bouleverse le cours de la campagne présidentielle.
Septembre 2024, le guet-apens sur le green
Deux mois s’écoulent à peine. Le 15 septembre 2024, Ryan Wesley Routh, 58 ans, se poste dans les buissons longeant le Trump International Golf Club en Floride, fusil d’assaut à lunette en main, le numéro de série effacé. Il était arrivé en Floride près d’un mois plus tôt, et avait passé près de douze heures aux abords du club avant d’être repéré.
Donald Trump, en campagne pour revenir à la Maison-Blanche, joue au golf. Un agent du Secret Service aperçoit le canon de l’arme dépasser de la végétation et ouvre le feu. Routh prend la fuite, il est arrêté peu après.
L’enquête met au jour une lettre, rédigée plusieurs mois plus tôt et déposée chez un tiers : « C’était une tentative d’assassinat contre Donald Trump, mais j’ai échoué. C’est à vous maintenant de terminer le travail », écrit-il, offrant même 150 000 dollars à quiconque réussirait là où il avait échoué.
Dans son véhicule, les enquêteurs découvrent une liste manuscrite de dates et de lieux où Trump était attendu entre août et octobre 2024. Une traque méthodique et préméditée. En septembre 2025, reconnu coupable de l’ensemble des chefs d’accusation, Routh tente de se poignarder avec un stylo à l’annonce du verdict. L’assaillant est condamné à la prison à perpétuité.
Février 2026, l’intrusion à Mar-a-Lago
Le 22 février 2026, un homme s’introduit illégalement dans l’enceinte de Mar-a-Lago, la résidence privée de Donald Trump en Floride. Le président se trouve à Washington au moment des faits. Le suspect, Austin Tucker Martin, une vingtaine d’années, originaire de Caroline du Nord, est porteur d’un fusil de chasse et d’essence.
Après un bref échange avec des agents du Secret Service et un policier du comté de Palm Beach, il est abattu sur place. Ses motivations demeurent inconnues. Le lendemain, Trump commente l’affaire depuis la Maison Blanche avec son ironie habituelle : « Beaucoup de gens en ont après moi, non ? » Avant de lâcher, plus sérieusement : « Je devrais être un peu moins important. »
Avril 2026, Washington Hilton
Enfin, le plus récent. Samedi 25 avril 2026, le Washington Hilton accueille le dîner annuel des correspondants de la presse, l’un des événements les plus mondains du calendrier politique américain. C’est devant ce même hôtel que Ronald Reagan avait été la cible de coups de feu en 1981.
Donald Trump y assistait pour la première fois en tant que président en exercice. Au cours de la soirée, des coups de feu éclatent près du point de contrôle de sécurité à l’entrée. Les convives, plongent sous les tables et le Secret Service évacue dans la foulée le président, la Première Dame Melania Trump et le vice-président JD Vance. Un agent des forces de l’ordre est touché, sauvé par son gilet pare-balles.
Le suspect, Cole Tomas Allen, 31 ans, « loup solitaire » originaire de Torrance en Californie selon les mots du président, est interpellé sur place, porteur d’un fusil de chasse, d’un pistolet et de plusieurs couteaux. Ce nouvel événement signait la cinquième tentative d’assassinat de Donald Trump en dix ans.
Source : leparisien.fr


