
À Maurice, l’eau coule, cependant plus de 60 % de la production injectée dans le réseau de la CWA sont perdus au cours de l’alimentation.
Le rapport du Bureau national de l’audit, publié en début de semaine, révèle une gestion défaillante des ressources hydriques, marquée par d’importantes fuites. Il met également en lumière des projets en retard depuis des décennies. Il s’agit aussi d’une gouvernance incapable de répondre à l’urgence climatique et sociale.
60 % de l’eau traitée par la CWA n’atteint jamais le robinet des abonnés ou n’est tout simplement pas facturée. Ce chiffre, révélé par le dernier rapport du Bureau de l’audit, illustre l’ampleur des défaillances dans la gestion de l’eau.
Chaque année, près de 200 millions de mètres cubes d’eau se perdent dans une canalisation défectueuse, parfois âgée de plus de 70 ans. En termes de revenus, la perte est vertigineuse : Rs 3,6 milliards pour la seule année financière 2024-2025. Sur six ans, elle atteint Rs 19 milliards, dans un pays régulièrement confronté aux coupures et au stress hydrique.
Le rapport souligne aussi des retards chroniques dans les projets d’infrastructure. Des réservoirs annoncés depuis plus de dix ans ne verront le jour qu’après 2028, avec des coûts ayant parfois triplés. Le Master Plan de 2012, censé assurer une distribution d’eau 24h/24, est resté lettre morte.
En toile de fond, une gouvernance jugée inefficace : politiques non appliquées, absence de suivi et accumulation de rapports sans mise en œuvre. Le document évoque un véritable « report-on-report syndrome ». Même la nouvelle Water Resources Act peine à produire des effets concrets.

