
Dr Ram Seegobin, leader du parti Lalit, s’est éteint, laissant Maurice orpheline d’un militant d’exception, d’un intellectuel engagé et d’un homme de convictions rares.
Il fut un militant des premières heures, un « pur et dur » au sens le plus noble du terme. Fidèle toute sa vie à une idéologie clairement assumée, à des valeurs solidement ancrées et à des principes qu’il n’a jamais reniés, Dr Seegobin incarnait une forme de constance politique devenue aujourd’hui trop rare. Cette fidélité, parfois dérangeante, souvent exigeante, forçait néanmoins le respect. Le Kreol est reste au centre de ce combat.
À travers LALIT, il a mené un combat sur plusieurs fronts : politique, économique et social. Son engagement ne se limitait pas à la conquête du pouvoir, mais visait avant tout la transformation en profondeur de la société mauricienne. Il a inlassablement défendu un modèle économique alternatif, résolument anti-libéral, fondé sur l’autogestion, la solidarité et l’autosuffisance alimentaire, convaincu que l’émancipation réelle passe par la maîtrise collective des ressources et des choix économiques.
Dr Ram Seegobin fut également un combattant infatigable contre toutes les formes de discrimination. Son engagement contre l’apartheid, son combat pour une réforme profonde de notre système électoral et sa dénonciation constante des inégalités structurelles témoignent d’une vision profondément égalitaire et universaliste.
On pouvait ne pas partager toutes ses positions. Mais on ne pouvait ignorer ni la rigueur de sa pensée, ni la cohérence de son engagement, ni son refus des compromissions. Il a contribué, parfois à contre-courant, à élever le débat politique à Maurice et à rappeler que la politique peut – et doit – être guidée par des idéaux.
À ce titre, nous lui devons beaucoup.
Son combat, ses idées et son héritage continueront d’alimenter la réflexion et l’engagement de celles et ceux qui croient encore à une politique de principes, au service du peuple et de la justice sociale.
On doit ajouter il est reste fidèle à ses valeurs dans la vie, dans la lutte et dans son projet de société. Il a voulu depuis le début la revalorisation du kreol et il l’a utilisé avec beaucoup de force pour faire promouvoir les idées de Lalit. La lutte politique dans cette dimension ne mène pas forcément au pouvoir, mais elle reste comme un jalon, une conscience qui nous interpelle. Je présente toutes mes condoléances à son épouse, Lindsey Collen, sa compagne de lutte pendant si longtemps, et a tous ceux qui sont frappes par ce deuil.


