
Il était une figure majeure du cinéma américain. Robert Duvall est mort dimanche à l’âge de 95 ans dans son ranch en Virginie (Etats-Unis), a annoncé ce lundi son épouse Luciana. L’acteur, reconnu pour son intensité et son regard inoubliable, a marqué plusieurs générations avec des rôles emblématiques dans Le Parrain, Apocalypse Now et The Great Santini. Il s’est imposé comme l’un des plus grands interprètes de sa génération.
Dans un communiqué annonçant sa mort, son épouse a salué un artiste passionné et profondément attaché à la vérité de ses personnages. « Hier, nous avons dit adieu à mon cher mari, ami précieux et l’un des plus grands acteurs de notre époque. Bob est décédé paisiblement à la maison », a-t-elle écrit.
Le théâtre avant le cinéma
Né en 1931 dans une famille marquée à la fois par la discipline militaire et la fibre artistique (son père était officier et sa mère comédienne amateure) il se tourne très tôt vers le théâtre. Après avoir suivi une formation d’art dramatique, il effectue deux années de service militaire avant de tenter sa chance à New York, déterminé à vivre de sa passion.
Dans les années 1950, il partageait un appartement exigu avec d’autres aspirants acteurs, dont Dustin Hoffman. Gene Hackman, lui aussi encore inconnu, faisait régulièrement partie de leur cercle. « Nous traînions tous ensemble, sans savoir ce qui nous attendait », confiait-il au magazine GQ en 2014, évoquant cette période de débuts incertains.
Un héritage important dans l’histoire du cinéma
L’acteur américain a connu son premier grand rôle au cinéma à 31 ans dans Du Silence et des ombres, adaptation du roman d’Harper Lee Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Récompensé par l’Oscar du meilleur acteur pour Tender Mercies en 1983 et nommé à sept reprises au total, Robert Duvall laisse un héritage important dans l’histoire du cinéma. Il avait été ainsi nommé aux Oscars pour ses rôles de Tom Hagen (Le Parrain) et pour son interprétation du pilote de Marines autoritaire Bull Meechum dans The Great Santini.
Le rôle qui lui tenait le plus à cœur restait celui d’Augustus McCrae, ancien Texas Ranger dans la mini-série Lonesome Dove. « C’est mon Hamlet », confiait-il au New York Times en 2014. Il voyait dans le western un héritage profondément américain, affirmant que « les Anglais ont Shakespeare, les Français ont Molière, les Argentins ont Borges, mais le western est à nous ».
« J’aime l’odeur du napalm au petit matin »
L’un des rares regrets de sa carrière fut de ne pas avoir été retenu au casting des Dents de la mer de Steven Spielberg. Egalement scénariste, réalisateur et producteur, Robert Duvall a dirigé cinq films, dont Le Prédicateur, qu’il a écrit et dans lequel il incarne un pasteur évangélique en quête de rédemption. Durant sa longue carrière, on ne pourra oublier sa réplique culte dans Apocalypse Now (« J’aime l’odeur du napalm au petit matin »), devenue l’une des plus célèbres de l’histoire du cinéma, comme le rappelle le site Hollywood Reporter.
« C’était un acteur né, comme on dit (…) son don phénoménal restera à jamais dans les mémoires. Il va me manquer », a réagi Al Pacino, son partenaire dans Le Parrain. « Quel choc d’apprendre la disparition de Robert Duvall. Un si grand acteur et un élément si essentiel d’American Zoetrope (société de production cofondée par Francis Ford Coppola) depuis ses débuts », a déclaré le réalisateur dans un communiqué publié sur Instagram.


