Le taux directeur, l’inflation et les dettes : des enjeux macroéconomiques

À six jours du budget national, certaines données concrètes doivent être prises en compte. Un taux d’intérêt un peu plus élevé pour freiner la montée inflationniste due en partie aux conditions mondiales, la dette publique résultant des emprunts accumulés par des organismes parapublics et l’inflation sont autant de questions que le budget doit traiter.

Le Monetary Policy Committee a décidé, à l’unanimité, de relever le taux directeur de 25 points de base, le faisant passer de 4,50 % à 4,75 % par an. Le comité a constaté que l’environnement économique mondial est devenu nettement plus incertain à la suite de l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de la fermeture du détroit d’Ormuz, ce qui a fortement tendu les conditions d’approvisionnement énergétique mondial et affecté les marchés des matières premières, les coûts du transport maritime et la confiance des investisseurs.

Selon le scénario de référence de la Banque de Maurice, qui table sur un règlement du conflit et la réouverture du détroit d’Ormuz d’ici la fin du premier semestre 2026, la croissance du PIB réel devrait s’établir à 2,8 %, contre une fourchette de prévisions précédente de 3,3 % à 3,5 %. Les pressions inflationnistes se sont également intensifiées, l’inflation importée a augmenté en raison de la hausse des prix de l’énergie et des coûts de transport et des logistiques. L’inflation globale devrait rester élevée, s’établissant en moyenne autour de 5,5 % en 2026 selon ce scénario.

La dette publique était estimée à Rs 675,4 milliards à fin mars 2026, contre Rs 661,1 milliards à fin décembre 2025. Cette hausse est principalement due à l’augmentation de la dette de l’État ainsi que de celle de certains organismes publics, tels que le Central Electricity Board et la State Trading Corporation, liée à la flambée des prix du pétrole et aux besoins en devises étrangères. La dette publique devrait dépasser les prévisions établies pour l’exercice 2025/26, dans un contexte de tensions géopolitiques internationales et de répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient.

L’inflation globale a atteint 4,2 % sur les douze mois s’achevant en avril 2026. L’indice a progressé de 3,6 % en glissement annuel en avril, contre 2,7 % le mois précédent. Les composantes principales, Core 1 et 2 (hors alimentation et énergie), ont augmenté respectivement de 5,5 % et 6,1 % en glissement annuel, contre 4,2 % et 5,5 % le mois précédent.

L’indice des prix à la consommation a progressé de 1,4 point, soit 1,3 %, passant de 109,6 en mars 2026 à 111,0 en avril 2026. Parmi les principaux facteurs contribuant à cette variation, on peut citer le pain (+0,3) et l’essence (+0,3).

Plus d'Actualités