“Plus, dangereux qu’utiles”

Chaque année, la revue médicale spécialisée Prescrire dresse une liste de médicaments “à éviter” alors qu’ils sont proposés sur le marché français et européen. Selon la publication, ces traitements seraient plus “dangereux qu’utiles”.

Du Voltarène pour soigner les douleurs musculaires, du Maxilase pour traiter les maux de gorge, du Smecta pour atténuer les brûlures intestinales… Ils sont autorisés sur le marché français du médicament et proposés à la vente et pourtant, ces traitements sont “plus dangereux qu’utiles” selon la publication spécialisée Prescrire. L’objectif : aider les citoyens “à choisir des soins de qualité et éviter des dommages disproportionnés pour les patientes et les patients”.

Pour son bilan annuel 2025, cette revue médicale indépendante a donc publié une liste de 108 médicaments qu’il serait préférable “d’écarter pour mieux” se soigner. 89 d’entre eux bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) française… alors que ces derniers présentent une “balance bénéfices-risques défavorable dans toutes les situations cliniques figurant dans l’AMM” : “Chez les patients concernés, quand un traitement médicamenteux paraît souhaitable, d’autres options thérapeutiques ont une meilleure balance que ces médicaments à écarter, affirme la rédaction dans son 14e bilan annuel. Dans certaines situations, l’option la plus prudente est de ne pas recourir à un médicament”.

Quatre nouveaux médicaments dans la liste

De la cancérologie, à la dermatologie, en passant par la nutrition, la psychiatrie et même la “bobologie” quotidienne, bon nombre de spécialités médicales sont concernées par cette liste. Exemple avec le Maxilase, plébiscité pour soigner les maux de gorge : le traitement contient de l’alpha-amylase, “une enzyme sans efficacité démontrée” et qui expose le patient “à des troubles cutanés ou allergiques parfois graves”. Le Voltarène lui, contient du diclofénac, un produit qui présente des risques “d’effets indésirables cardiovasculaires”.

Par rapport à son précédent bilan, Prescrire a ajouté quatre médicaments à sa liste :

La chondroïtine : ce traitement est habituellement utilisé pour soulager l’arthrose. Selon la revue médicale, ce médicament “expose à des effets indésirables parfois graves, dont des réactions d’hyper-sensibilité”.

Le fézolinétant : ce produit permet de lutter contre les bouffées de chaleur lors de la ménopause. La revue parle ici de potentiels “effets indésirables disproportionnés dont une hépatotoxicité, des troubles digestifs et neuropsychiques ainsi que diverses douleurs”.

Le géfapixant : il s’agit là du premier médicament autorisé au sein de l’Union Européenne pour soigner une toux chronique réfractaire. Selon la revue médicale, ce traitement “expose à des troubles du goût très fréquents, des pneumonies et des lithiases urinaires”.

L’andexanet alfa : ce médicament n’est pas commercialisé en France. Il est proposé pour soigner des hémorragies graves… mais expose les patients “à des accidents thrombo-emboliques graves par rapport à des soins usuels”.

Selon la publication, ces médicaments exposent globalement “à des effets indésirables disproportionnés au regard d’une absence de démonstration d’efficacité clinique, d’une efficacité incertaine ou trop modeste par rapport à un placebo”.

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