
Et s’il suffisait de recycler pour réduire nos déchets ? Ce fantasme, largement alimenté par les industriels, est un écran de fumée dont le mythe perdure. De l’ère du tout-jetable au recyclage chimique, récit d’une fuite en avant qui sert d’alibi pour produire toujours plus de matière plastique.
- Flore Berlingen, militante et autrice, fondatrice de l’Observatoire du principe pollueur-payeur.
Lorsqu’elle était directrice de l’ONG Zero Waste France, Flore Berlingen s’est intéressée au recyclage. Après avoir pris conscience des limites de la filière, elle comprend qu’il s’agit d’un “leurre savamment entretenu” et publie Recyclage, le grand enfumage comment l’économie circulaire est devenue l’alibi du jetable (Rue de l’échiquier, 2020).
Là où le recyclage semble s’imposer comme une solution miracle pour combattre deux problématiques environnementales majeures : la surconsommation des ressources et la surproduction de déchets, il se révèle inefficace.
Le recyclage encore trop gourmand en énergie
En apportant une réponse très partielle, les procédés de recyclage qui restent très consommateurs de ressources et d’énergie ne constituent pas un débouché suffisant face à la quantité énorme de déchets plastiques que nous produisons.
Elle écrit : “Dans la course au recyclage, la question de l’utilité sociale des objets produits n’est plus mise en balance avec leur impact social et environnemental. On en vient à chercher des moyens de recycler ce qui ne devrait même pas exister en premier lieu. La politique du tout recyclage n’est donc pas seulement insuffisante, elle est devenue contre-productive.”
Elle révèle notamment que pour continuer à abreuver le monde de plastique en toute impunité, les industriels vantent désormais les vertus du « recyclage chimique ». Cette méthode qui permettrait de réemployer à l’infini nos emballages plastiques et pots de yaourt a tout du mirage selon une enquête publiée en juin dernie Ouverture dans un nouvel ongletr Ouverture dans un nouvel onglet par le site ProPublica où l’on retrouve des grands noms du pétrole, ExxonMobil et TotalEnergies…
Source : radiofrance.fr


