Réseaux sociaux et enfants: TikTok, Instagram et YouTube menacés de sanctions en Australie

Le régulateur australien a brandi mardi la menace de sanctions visant des géants de la tech parmi lesquels TikTok, Instagram et YouTube, accusés d’enfreindre l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans dans le pays, l’un des plus stricts au monde.

Trois mois après l’entrée en vigueur de cette loi, l’organisme australien chargé de la sécurité en ligne a indiqué que plus de cinq millions de comptes appartenant à des utilisateurs australiens mineurs avaient été supprimés.

Mais la Commission eSafety a aussi dit constater qu’une «proportion importante d’enfants australiens» consultait toujours des plateformes interdites, faisant part de «préoccupations majeures» concernant Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube.

L’Australie décidera d’éventuelles sanctions d’ci la mi-2026. Les entreprises visées par cette interdiction s’exposent à des amendes pouvant dépasser 25 millions d’euros si elles sont reconnues coupables d’avoir enfreint la loi australienne.

La mise en œuvre de cette interdiction est particulièrement scrutée dans le monde, notamment par les pays cherchant à créer des interdictions similaires.

Le Brésil lie depuis mars les comptes de ces utilisateurs à ceux de leurs parents et des lois sont en cours d’élaboration dans plusieurs pays européens, comme en France, où une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est débattue mardi au Sénat.

L’Indonésie a interdit la semaine dernière les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, soit 70 millions de mineurs. Son gouvernement a mis en demeure les géants de l’internet Google et Meta pour «non-respect» de la mesure, a annoncé mardi la ministre des Communications.

«Défi»

En Australie, les entreprises de réseaux sociaux portent l’entière responsabilité de vérifier que les utilisateurs ont 16 ans ou plus. Une partie dit utiliser des outils d’intelligence artificielle (IA) déterminant l’âge à partir de photos, et certains utilisateurs peuvent choisir de télécharger une pièce d’identité.

La plupart des entreprises concernées se sont engagées à respecter la loi, mais ont averti qu’elle pourrait pousser les adolescents vers des plateformes moins réglementées et plus dangereuses.

Elles doivent prouver qu’elles ont pris des «mesures raisonnables» pour écarter les jeunes adolescents, même s’il reste incertain à ce stade de savoir comment le gouvernement interprétera cette exigence.

Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, a déclaré que prouver avec exactitude l’âge des utilisateurs constituait «un défi pour l’ensemble du secteur».

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