
Les revenus des salariés mauriciens ont progressé dans toutes les catégories professionnelles entre 2021 et 2025. Plusieurs groupes ont même enregistré des augmentations supérieures à l’inflation cumulée de 32,7 % sur la période. Pourtant, pour de nombreux ménages, le sentiment de pression financière demeure bien réel. À la hausse des prix s’ajoutent la dépréciation de la roupie observée pendant plusieurs années et l’augmentation du coût du crédit. Des facteurs qui ont particulièrement affecté la classe moyenne, principal moteur de la consommation et de l’endettement des ménages.
Les revenus des managers, professionnels et techniciens ont augmenté de plus de 40 %, tandis que plusieurs catégories de travailleurs ont enregistré des hausses encore plus importantes dont 50% pour les personnes dans la vente et 63% pour certains machinistes.
Sur le papier, ces augmentations dépassent souvent l’inflation cumulée de 32,7 % enregistrée sur la période. Toutefois, cette amélioration des revenus doit être replacée dans un contexte économique plus large.
Entre 2021 et 2025, le dollar et l’euro se sont appréciés de 3 roupies augmentant le coût de nombreux produits importés, notamment les aliments, les médicaments, les véhicules et les matériaux de construction.
Parallèlement, la Banque de Maurice a progressivement relevé son taux directeur, passé de 1,85 % en 2021 à 4,50 % en 2025. Cette hausse suffit à augmenter les mensualités de plus de 30% pour certains ménages.
Or, la classe moyenne est souvent la plus exposée à cette situation. Crédit immobilier, prêt automobile ou financement des études représentent une part importante de son budget. Ainsi, malgré des salaires en hausse, la classe moyenne n’a obtenu aucune aide financière depuis la pandémie, contrairement aux autres groupes sociaux avec notamment les allocations CSG et le 14e mois.


