Un effet «neuroprotecteur» : trois tasses de café ou de thé par jour pourraient réduire le risque de démence, selon une étude de Harvard

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les données de 131.000 professionnels de santé aux États-Unis pendant 43 ans.

Boisson réconfortante pour les uns, carburant indispensable pour les autres, voire véritable dépendance pour certains : le café occupe une place à part dans notre quotidien. Régulièrement scrutée par la science, la caféine fait l’objet d’études aux conclusions parfois contradictoires. La dernière en date, menée par l’Université de Harvard et publiée dans la revue JAMA, avance un résultat encourageant : boire trois tasses de café ou de thé par jour pourrait réduire le risque de démence d’environ 20 %.

Après 43 ans de suivi, cette étude américaine suggère que la caféine pourrait exercer un effet «neuroprotecteur». Selon les chercheurs, une consommation quotidienne d’environ trois tasses constituerait une quantité optimale. La caféine pourrait ralentir la dégénérescence des cellules cérébrales en réduisant l’inflammation et en limitant l’accumulation de protéines toxiques associées à la démence. Boire deux à trois tasses de café par jour réduirait le risque de démence de 18 %, tandis qu’une à deux tasses de thé seraient associées à une baisse de 16 %.

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données de 131.000 professionnels de santé aux États-Unis. Tous les deux à quatre ans, les participants remplissaient des questionnaires détaillant leur alimentation, en particulier leur consommation de boissons caféinées, et se soumettaient à des tests cognitifs. Au terme de ce suivi, 11.033 cas de démence ont été recensés.

«Une pièce du puzzle» dans la prévention

Le Docteur Daniel Wang, professeur assistant à la Harvard Medical School et auteur principal de l’étude, estime que l’encouragement à la consommation modérée de café et de thé «peut être une pièce du puzzle» dans la prévention de la démence. «En cherchant des outils possibles de prévention, nous avons pensé que quelque chose d’aussi répandu que le café pourrait constituer une intervention alimentaire prometteuse», explique-t-il dans les colonnes du Times .

Yu Zhang, autre auteur de l’étude, rappelle que la démence représente «l’un des problèmes de santé publique les plus importants et les plus complexes au monde». En l’absence de traitements véritablement efficaces, identifier des facteurs modifiables du mode de vie devient crucial. «Le café et le thé sont largement consommés dans le monde. Même des associations modestes pourraient avoir des implications significatives à l’échelle de la population», souligne-t-il. Les chercheurs précisent toutefois qu’augmenter davantage sa consommation n’apporterait «aucun bénéfice supplémentaire».

Des résultats à interpréter avec prudence

Il faut cependant souligner que cette étude reste observationnelle : elle met en évidence une association, sans pouvoir établir un lien direct de cause à effet. «Bien que nos résultats soient encourageants, il est important de rappeler que l’ampleur de l’effet reste modeste et qu’il existe de nombreuses autres façons de protéger ses fonctions cognitives en vieillissant», insiste le Docteur Wang.

La littérature scientifique sur le café est abondante. Outre son possible rôle dans la prévention de la démence, certaines études lui attribuent des effets bénéfiques sur le vieillissement, la santé cardiovasculaire, grâce notamment à ses polyphénols, ainsi que sur certaines pathologies comme les cancers digestifs, le diabète de type 2 ou la maladie de Parkinson.

D’autres travaux, eux, pointent plutôt certains de ses effets indésirables, tels que les troubles du sommeil, la tachycardie, l’anxiété ou encore la dépendance à la caféine. Face à ces données parfois contrastées, les autorités sanitaires prônent la prudence. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) recommande de ne pas dépasser en moyenne 400 mg de caféine par jour pour un adulte en bonne santé, soit l’équivalent de quatre à cinq tasses de café.

Source : lefigaro.fr

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