Un quart des dépenses de l’Etat absorbé par la pension

Le financement de la pension de vieillesse est-il arrivé à un point de rupture? Le rapport de la réforme des pensions déposé hier au parlement dresse un constat accablant de la situation. En une décennie, le coût de la Basic Retirement Pension a progressé beaucoup plus vite que l’économie, au point de représenter aujourd’hui près d’un quart des dépenses courantes de l’État. La Commission s’appuie également sur une série d’avertissements formulés par le Fonds monétaire international depuis 2021. Des mises en garde répétées qui soulignent les risques pour les finances publiques si aucune réforme structurelle n’est engagée à moyen terme.

Le rapport indique que les dépenses consacrées à la pension ont connu une progression spectaculaire entre 2014 et 2024. Le coût annuel de la Basic Retirement Pension est passé de 9,96 milliards de roupies à près de 58 milliards, soit une hausse de 480 %, alors que le PIB n’a progressé que de 74 %. La Commission estime que cette envolée s’explique autant par les augmentations successives de la pension que par le vieillissement de la population.

La pension représente désormais 8,3 % du PIB contre 2,5 % dix ans plus tôt alors que les problèmes de soutenabilité et ceux liés à la  démographie étaient bien connus. La Commission estime également que cette évolution a contribué à environ un tiers de l’augmentation de la dette publique sur la période.

Autre constat, la pension absorberait désormais près d’un quart des dépenses récurrentes de l’État, réduisant les marges budgétaires pour financer d’autres projets de développement.

La Commission rappelle que le FMI a alerté Maurice à plusieurs reprises depuis 2021, du crash du système de la pension.

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