
Tibye, depuis quelques temps a Remarqué que les campagnes de sensibilisation ont un grand effet sur son humble personne. En effet il se fait un devoir de les suivre à la lettre. Pour la semaine de la courtoisie, il disait bonjour à tout le monde, salamoulikoum kalla, namaste babuji, cède sa place dans le bus, fais la queue, sourit à tout bout de champ. Jamais son épouse n’a été mieux traitée que pendant la campagne pour «la non violence». Il a même appris à faire la cuisine et le repassage et se débrouille pour chauffer son diner quand il rentre tard. Il a appris aussi grâce à la campagne routière, qu’il ne faut plus se casser la tête car tout roule comme il faut. Ensuite pour la campagne «l’ile Maurice, ile durable», il a parrainé un espace vert dans un des ronds-points de la capitale où de loin est visible le nom Tibye dessiné avec les jeunes pousses de laitue, qu’il pense bien récupérer à la fin de la campagne.
Tibye pour l’instant s’ennuie à mourir et guette avec désespoir la prochaine campagne. Car c’est sa seule façon de s’occuper, de changer ces mauvaises manières et se dire travailleur social. Tibye est déprimé, car son naturel revient au galop. On lui a toujours montré comment se comporter et comment agir et ce qu’il devrait faire. Sans les campagnes, il est débosselé ou plutôt orphelin. Quand il dérape ou agit mal, ce n’est pas de sa faute mais celle de ceux qui ne lui ont pas montré la conduite à suivre. Il est comme ça Tibye, incapable de se prendre en main.
Pour la prochaine campagne, il a mis la barre très haute: il veut se faire remarquer, pour devenir citoyen de l’année et être décoré par le président. Tibye compte sur votre soutien et gare à celui qui lui fait de l’ombre.
N.B.: pour soutenir la candidature de Tibye à la citoyenneté d’honneur, écrire à la radio qui transmettra.
Tibye


