Les conditions de travail à l’origine de plus de 840 000 décès par an dans le monde

En ce mardi 28 avril,  Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, les Nations unies tirent la sonnette d’alarme : le travail tel qu’il est organisé aujourd’hui peut devenir un facteur de mort. Avec plus de 840.000 décès prématurés chaque année, un rapport de  l’Organisation internationale du travail, publié à cette occasion, met en cause les formes actuelles d’organisation du travail. Stress, horaires  prolongés et précarité ne relèvent plus de simples fatalités individuelles, mais s’inscrivent dans un ensemble de mécanismes qui, à force de s’accumuler, finissent par altérer la santé des travailleurs, souligne cette alerte.

Plus de 840 000 décès prématurés par an sont associés aux conditions de travail, d’après un rapport publié récemment par l’Organisation internationale du travail, agence spécialisée de l’Organisation des Nations unies, à l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. L’analyse relie cette mortalité à des risques dits psychosociaux, parmi lesquels les longues heures de travail, une pression élevée sans réelle autonomie, le déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance obtenue, l’insécurité de l’emploi, ainsi que le harcèlement et les violences au travail.

Ce que met en évidence le document, c’est un lien direct entre ces expositions et l’apparition de maladies graves. Les travaux scientifiques mobilisés montrent qu’une activation durable des mécanismes de réponse au stress entraîne des effets physiologiques mesurables. La pression artérielle se maintient à un niveau élevé, le métabolisme se dérègle, le sommeil est perturbé et des processus inflammatoires s’installent dans la durée. Ces dérèglements sont associés à une augmentation des maladies cardiovasculaires, notamment les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux.

Dans le même mouvement, la santé mentale se dégrade. L’étude établit une progression des troubles anxieux, des épisodes dépressifs et, dans certaines situations, du risque suicidaire. Elle met ainsi en lumière un enchaînement clair entre des contraintes professionnelles durables et l’apparition de pathologies physiques et psychiques, loin de toute perception subjective.

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