Les conflits au Moyen-Orient pourraient ralentir la croissance économique mondiale et accroître l’inflation dans un avenir proche

Cette mise en garde a été récemment lancée par le président de la Banque mondiale, Ajay Banga. M. Banga a déclaré que, dans le scénario de référence, la croissance économique mondiale pourrait reculer d’environ 0,2 à 0,4 point de pourcentage, tandis que l’inflation risquerait d’augmenter de 2 à 3 points de pourcentage supplémentaires si le conflit persiste. La Banque mondiale a également souligné les dégâts déjà infligés aux infrastructures énergétiques, notamment la baisse de production de plusieurs grands gisements de gaz, dont le rétablissement pourrait prendre des années. Toutefois, le principal défi à long terme réside dans la perte potentielle de près de 800 millions d’emplois dans les économies en développement au cours des 10 à 15 prochaines années.

Les dirigeants de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) se sont réunis le 13 avril (heure locale) dans le cadre d’un groupe de coordination créé début avril pour optimiser leur réponse aux impacts énergétiques et économiques du conflit au Moyen-Orient.

Les trois agences ont déclaré dans un communiqué conjoint publié à l’issue de la réunion que l’impact du conflit iranien était « important, mondial et très inégal », touchant de manière disproportionnée les pays importateurs d’énergie, en particulier les pays à faible revenu.

Ce choc a entraîné une flambée des prix du pétrole, du gaz et des engrais, alimentant les inquiétudes concernant la sécurité alimentaire et les pertes d’emplois. Plusieurs pays producteurs de pétrole et de gaz du Moyen-Orient ont également constaté une baisse significative de leurs recettes d’exportation.

D’après le communiqué conjoint, la situation demeure très instable et le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz n’est pas encore revenu à la normale. Même après la reprise du transport maritime, il faudra du temps pour que les approvisionnements mondiaux en matières premières essentielles retrouvent leur niveau d’avant le conflit ; par ailleurs, les prix des carburants et des engrais pourraient rester élevés pendant une période prolongée en raison des dégâts causés aux infrastructures.

En raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement, des pénuries de matières premières essentielles pourraient affecter l’énergie, l’alimentation et d’autres secteurs. La guerre a également provoqué des déplacements de population, des pertes d’emplois et une baisse du tourisme, des effets dont l’atténuation pourrait prendre beaucoup de temps.

Les dernières  évaluations de l’AIE, du FMI et de la Banque mondiale ont été publiées avant le rapport mensuel de l’AIE sur le marché pétrolier et le rapport du FMI sur les perspectives de l’économie mondiale, le 14 avril.

Lors de la réunion  du 13 avril, les dirigeants des trois agences susmentionnées ont également discuté de la situation des pays les plus durement touchés par ce choc, ainsi que des réponses de l’AIE, du FMI et de la Banque mondiale.

Plus d'Actualités