Opération Israélo-Américaine : Donald Trump tente de justifier les bombardements et les pertes américaines

S’il ne s’est toujours pas adressé en direct aux Américains depuis le déclenchement de l’opération militaire israélo-américaine contre l’Iran, le président des États-Unis a multiplié les prises de paroles sur son réseau Truth Social et dans la presse, dimanche 1er mars. Objectif : tenter d’expliquer pourquoi il avait pris la décision de frapper la République islamique et préparer son opinion publique à de nouvelles pertes après la mort de trois soldats américains.

Au lendemain du déclenchement de l’opération israélo-américaine contre le régime iranien, Donald Trump a tenté de la justifier tout en cherchant à préparer l’opinion publique américaine à des pertes supplémentaires après le décès de trois militaires, dimanche 1er mars.

Expliquant son choix d’attaquer la République islamique par le besoin d’assurer la sécurité à long terme de l’Amérique, le président américain a déclaré dans une vidéo publiée sur sa plateforme Truth Social : « Nous menons cette opération massive non seulement pour assurer notre sécurité ici et maintenant, mais aussi pour nos enfants et leurs enfants ». « Un régime iranien équipé de missiles à longue portée et d’armes atomiques serait une grave menace pour tout Américain », a-t-il ajouté.

Dans cette courte allocution au ton solennel, celui-ci est revenu aussi sur la mort de soldats américains, déclarant notamment : « Malheureusement, il y en aura probablement d’autres avant la fin. C’est comme ça ». « L’Amérique va venger ses morts et porter le coup le plus sévère sur les terroristes qui ont déclaré la guerre contre, fondamentalement, la civilisation », a-t-il aussi asséné.

« Les opérations militaires vont continuer à pleine puissance pour le moment et elles se poursuivront jusqu’à ce que tous nos objectifs soient atteints. Nous avons des objectifs très forts », a enfin déclaré Donald Trump depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, où il a passé le week-end avant de rentrer dans la soirée du dimanche 1er mars vers 23h20 TU dans les environs de Washington.

« Ça prendra quatre semaines ou moins »

S’il a publié deux messages vidéo, annoncé la mort du Guide suprême Ali Khamenei dans un message écrit sur Truth Social et a eu plusieurs entretiens téléphoniques avec des journalistes qui ont rapporté ses propos, le président américain ne s’est pour l’instant pas adressé en direct à la nation depuis le début de la guerre.

« Ça a toujours été un processus de quatre semaines, alors – aussi fort qu’est [l’Iran], le pays est grand, ça prendra quatre semaines ou moins », a ainsi déclaré Donald Trump dans une interview par téléphone au quotidien britannique Daily Mail ce dimanche. « Cela avance rapidement. Personne n’arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d’un coup », s’est-il félicité aussi auprès d’une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X.

Dans une interview par téléphone à NBC, Donald Trump a par ailleurs déclaré qu’il fallait s’attendre « à des pertes ». « Nous en avons trois, mais on s’attend à des pertes, mais au bout du compte, ce sera une bonne affaire pour le monde », a-t-il affirmé à la chaîne américaine, tandis qu’il a confié, toujours au Daily Mail, que « cela pourrait arriver à nouveau ».  

À un journaliste de la chaîne d’informations financières CNBC, celui-ci a encore assuré que l’opération « progressait très bien » et « plus vite que prévu », avant de confier, cette fois à un reporter de The Atlantic, que des dirigeants iraniens « veulent parler, et j’ai accepté de parler, donc je vais leur parler ». « La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts », lui a-t-il dit aussi, jugeant que les dirigeants iraniens « avaient voulu la jouer trop finement ».

Dans un entretien avec le New York Times enfin, Donald Trump a assuré qu’il était facile pour les États-Unis et Israël de maintenir un rythme de frappes intensifs. Interrogé sur l’après-guerre, il y explique aussi avoir en tête « trois très bons » candidats potentiels pour diriger l’Iran à l’avenir, sans donner plus de détails, et en laissant entendre qu’il n’exclut pas non plus un scénario à la vénézuélienne dans lequel la majeure partie du gouvernement pourrait être maintenue après la mise à l’écart du principal dirigeant. Les plans du président semblaient toutefois « confus », relève le journal, ce qui pourrait expliquer pourquoi il a évité de faire de longs discours et de trop communiquer depuis le début des opérations samedi, analyse notre correspondante à New York, Loubna Anaki.

« Je viens juste d’être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste », a-t-il écrit en outre sur son réseau Truth Social. « Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime.»

Donald Trump n’est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, pas plus que le chef du Pentagone Pete Hegseth ou le chef de la diplomatie Marco Rubio. Ces derniers se rendront mardi 3 mars au Congrès pour informer les parlementaires du déroulement de l’opération militaire contre l’Iran, a fait savoir la Maison Blanche dimanche.

Source : RFI

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